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08 novembre 2008

Tragédie de la famille MOREAU soupçonnée à tort d'espionnage

Louis Moreau raconte leur aventure au journal Nord-Matin le  Mercredi 12 avril 1966

– Reportage Gérard Coucke -

Toute l’affaire commence un jour de Novembre 1914.
"Nous habitons alors à Grenay, nous avions évacué notre maison de Bruay pour fuir les allemands. Nous étions six à la maison : mon père Louis âgé alors de 48 ans, trop vieux pour être mobilisé et qui comptait déjà 35 ans de mine, ma mère Adèle, mes frères Arthur  19 ans, Raoul six ans et Alfred 5 ans, et ma sœur Georgette 14 ans. Mon autre frère Georges était au front. J’avais 18 ans. Je travaillais à la mine avec mon père…
La maison se trouvait à la cité du Maroc, un coron peuplé exclusivement de mineurs.
En ce mois de novembre 1914, il était également occupé par des troupes françaises et la maison des Moreau avait été réquisitionnée comme les autres pour héberger des soldats. Le front était tout proche. Lignes allemandes et françaises se touchaient presque.
Nuit et jour autour des «cahutes » restées debout, de furieux combats  aux issues incertaines s’engageaient. De là une vague d’appréhension, de craintes et de soupçons, une espionnite aigue que la plus infime coïncidence venait fortifier et exalter.
Chez les Moreau la vie continuait tant bien que mal. Les deux Louis père et fils, et la famille partageaient leur  pain avec les soldats qu’ils recevaient. L’un d’entre eux ordonnance d’un capitaine du 21° régiment d’infanterie, pour remercier les Moreau de leur hospitalité, leur offrit en ce début Novembre  du savon, une brosse et la lanterne d’un cycliste allemand récupérée dans les lignes au cours d’une attaque. Le jeune Louis, qui reçut ce cadeau, l’accepta avec d’autant plus de joie qu’il le destinait à son frère Georges le jour où celui ci viendrait en permission. C’était un objet précieux et rare.
Le 18 novembre 1914, il était environ 21 heures, nous étions tous couchés. Mon père en revenant de la mine, avait essuyé sur la route un violent bombardement et il en était encore commotionné. Soudain on tambourine à la porte. Une voix cria : - Ouvrez !  ou nous enfonçons la porte !
Ma mère se leva et alla ouvrir. Des hommes, revêtus de longues pelisses d’automobilistes entrèrent en trombe dans la maison. Ils poussèrent violemment ma mère en lui criant :
- Vous avez un espion chez vous ! Où est-il ?
 

Lire l'intégralité : ICI

fr_res_Moreau

 

Posté par histobully à 09:29 - Récits et Témoignages - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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